Entrée au postulat

Que demandes-tu ?

La miséricorde de Dieu et celle de l’Ordre.
Je demande à me mettre à l’école du Seigneur à la suite de Saint Benoît et de nos Pères de Cîteaux en cette Abbaye Notre-Dame de Bon Secours.

Tout commence par cette parole, ce geste si simple et si essentiel : demander la Miséricorde, une vie nouvelle, un espace pour devenir neuve sous le regard de Dieu, pour accéder à sa liberté la plus profonde. Christelle a accompli ce passage en ce 25 janvier 2020, fête de la Conversion de Saint Paul, dernier jour de la Semaine de prière pour l'Unité des Chrétiens. 


Mais on ne renaît pas par soi-même : monastère signifie « maison des moines ». La communauté, avec son histoire et sa Tradition, accueille celle qui demande à entrer, qui arrive avec sa propre histoire, ses richesses, ses blessures. Le baiser de paix dit cet accueil fraternel, garantit le soutien par la prière et l'affection. La communauté, c'est cette réalité un peu mystérieuse, le visage de Dieu qui nous aidera à Le rencontrer par-delà les inévitables frottements de caractère. Plus encore, on reconnaît dans l’abbesse celle qui, dans la foi, profère la Parole que Dieu veut dire sur chacune. « Père, Mère, dis-moi une parole » était la phrase introductive à toute conversation spirituelle pour les premiers moines, au désert d’Egypte.


Entre !

La communauté t’accueille.

Entrer, c'est aussi quitter, mettre un espace entre soi et sa famille, ses amis ; c'est prendre le risque de la "décantation" de ses relations, pour retrouver les liens essentiels à une profondeur nouvelle. La prière, la proximité spirituelle ouvrent à une qualité nouvelle de relation, où l'on découvre l'autre avec un regard plus ouvert, plus émerveillé. La vie communautaire sera un lieu de purification, de maturation pour ces relations plus empreintes du regard de Dieu.

C’est le début du postulat, ce temps où le désir de la vie monastique se concrétise, puisqu’on la vit intégralement, mais où celle qui entre doit toujours discerner plus profondément, accompagnée en cela par son abbesse et la maîtresse des novices, si ce chemin qu’elle prend est bien celui par lequel son désir peut rejoindre celui de Dieu. Et le critère est simple : est-elle heureuse de sa nouvelle vie ? et surtout devient-elle plus libre, entre-t-elle dans la liberté profonde du Christ ?

 

 

 

 

« Quel est l’homme qui veut la vie et désire voir des jours heureux ? » Que si, à cette demande, tu lui réponds : « C’est moi », Dieu te réplique : « Si tu veux avoir la vie véritable et éternelle, interdis le mal à ta langue et à tes lèvres toute parole trompeuse; détourne-toi du mal et fais le bien; cherche la paix avec ardeur et persévérance. Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux seront sur vous et mes oreilles attentives à vos prières, et avant même que vous ne m’invoquiez, je vous dirai: « Me voici ». » Quoi de plus doux, mes frères, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voyez comme le Seigneur lui-même dans sa bonté, nous montre le chemin de la vie.
Règle de Saint Benoît, Prologue.