Né vers 1060 et mort en 1139, cet anglais est tenu pour le troisième fondateur de Cîteaux. Il nous reste quelques textes de lui : une lettre qu'il adresse à la fin de sa vie aux moines de Sherborne, le monastère du Dorsetshire où il était entré tout jeune encore, le Monitum à la Bible qui porte son nom, une Vulgate enluminée dans le scriptorium de l'abbaye, mais dont l'intérêt principal réside dans la qualité de son texte, pour lequel il avait consulté les rabbins de Troye, héritiers de Raschi. C'est aussi lui qui présida à la rédaction de l'Exordium Parvum et de la Charte de Charité.
En 1261, une petite fille de cinq ans est confiée au monastère de Helfta, en Saxe, qui vivait sous la Règle de Saint Benoît et selon les coutumes de l'Ordre Cistercien : Gertrude. Elle y reçoit une éducation raffinée, pour laquelle elle est douée, notamment en ce qui concerne la musique et le chant. A 25 ans, elle vit une expérience spirituelle extrêment forte, une véritable rencontre du Christ, qui la bouleverse, met fin à ses angoisses et la dégoûte de toute frivolité ou vaine curiosité. Toute sa vie sera désormais polarisée par un amour qui la déborde, qu'elle exprime dans la liturgie et dans l'accueil de tous ceux qui, progressivement, se tournent vers elle pour lui demander un conseil, une parole de sagesse, et cela, au milieu de grandes épreuves : la maladie, les guerres qui ravagent la contrée.
Elle nous laisse deux ouvrages : le Héraut de l'Amour Divin, qui retrace son expérience spirituelle et humaine, en partie écrit de sa main, en partie consigné par une Sœur qui est sa confidente et secrétaire, et les Exercices spirituels, qui offrent des appropriations de divers temps forts de la vie spirituelle : le baptême, l'entrée en vie religieuse, la profession, mais aussi pour renouer avec la conscience de l'amour de Dieu et rendre grâce. Son oeuvre témoigne d'une fréquentation approfondie des écrits de Bernard de Clairvaux et d'autres cisterciens, mais surtout d'une profonde intégration de toute sa vie intérieure sous la conduite de la liturgie, qui l'unifie et l'éclaire.
Son Pèlerinage de vie humaine est une merveille de sagesse imagée.
En préparation.
Thomas Merton (1915-1968) fut un homme passe-frontière. Américain né en France durant la Première Guerre mondiale, étudiant en lettres en Angleterre puis aux Etats-Unis, il devient catholique à l'âge adulte, et entre peu après au monastère trappiste de Gethsémani (Kentucky), sous le nom de Frère Louis. Il arrive dans la tradition monastique porteur des interrogations et de la quête spirituelle de sa génération, travaillée par les deux guerres mondiales et les conflits qui s'en suivront (Viet-Nâm en particulier), l'émergence de la modernité, la rencontre des autres traditions religieuses, la redécouverte des sources de la tradition monastique... Il partage sa recherche spirituelle dans de nombreux ouvrages : son autobiographie La nuit privée d'étoiles, mais aussi des essais comme Les voies de la vraie prière ou Semences de contemplation.
Bien que le monde ait beaucoup changé ces cinquante dernières années, et que l'actualité à laquelle il réagit se soit transformée, les questionnements soulevés demeurent, et son refus des réponses faciles reste un aiguillon pour notre temps.
Sur le site de l'arccis, vous pourrez lire une présentation de "Thomas Merton : moine, écrivain et prophète" par Frère Bernard.
Née en 1928, elle entra à l'abbaye de Chambarand en 1954. A la fermeture de celle-ci, en 2019, elle devint membre de notre communauté de Blauvac, jusqu'à son décès en 2022.
Poétesse, hymnographe prolifique, elle contribua de façon significative à l'élaboration d'un répertoire liturgique monastique francophone, tant par ses propres compositions (plus de 250 hymnes sans compter les tropaires et les répons) que par celles qu'elle suscita et accompagna dans le cadre de la section texte de la CFC qu'elle dirigea à partir de 1968.
Elle composa aussi des recueils de poèmes, tant "sacrés" que "profanes" - mais la distinction a-t-elle encore un sens quand tout l'être vibre du Désir du Dieu plus beau ? Parmi ses correspondants, on peut compter Jean Cocteau, et c'est grâce à elle que Patrice de La Tour du Pin fut impliqué dans la traduction française du Missel Romain.
